Politico de Véronique

vendredi 28 août 2026

Algérie : le retrait progressif du Français dans l’espace public déchaîne les passions (suite)

28 août 2026 Juvénal de Lyon 

La polémique sur la place de la langue français en Algérie se poursuit  entre l’esprit rétréci des « revanchards » contre l’ancien colonisateur et les partisans de son maintien comme richesse culturelle acquise  par les élites du pays et moyen d’ouverture sur l’Afrique francophone.  
La suppression est ressentie comme une basse vengeance contre la France, en oubliant que l’anglais est la langue des colonisateurs de très nombreux pays africains. Une vile mesquinerie contre le  rayonnement de la culture francophone, ouverte sur la raison et la  civilisation des Lumières (Aufklärung), menée par les obscurantistes islamiques ! A suivre, Macron étant indifférent à la culture française,  il est resté, lui l’adulescent en jet-ski,, au niveau de la culture Dragon Baball !
Juvénal
par Youssef Selmi, Le Figaro 26/08/26
Alors que l’anglais sera désormais enseigné avant la langue de Molière à l’école, celle-ci a déjà commencé à s’effacer des enseignes, panneaux, communications institutionnelles et autres documents administratifs.

Le 25 juillet dernier, à l’ouverture de la conférence nationale sur la rentrée scolaire, le ministre algérien de l’Éducation, Mohamed Seghir Saâdaoui, a annoncé que l’anglais serait enseigné en première langue dès la troisième année de primaire. Ce n’est qu’en quatrième année que les élèves commenceront à apprendre, en plus, le français. Le ministre avait, auparavant, justifié ce choix devant les députés en estimant que l’apprentissage simultané de deux langues étrangères aux alphabets et phonèmes proches était « excessif » (sic) pour de jeunes enfants.

Depuis la rentrée scolaire de 2023, l’anglais et le français partageaient le même volume horaire hebdomadaire au primaire. Des milliers de professeurs d’anglais avaient été recrutés en urgence. C’est d’ailleurs ce qui a poussé les autorités, en avril 2024, à ouvrir une spécialité d’enseignement de l’anglais dans les écoles normales supérieures, qui forment les enseignants.
Ces ajustements n’ont pas manqué de relancer la polémique sur la place du français dans l’enseignement algérien, aussi bien dans le primaire qu’à l’université.
Invité, début août, dans le podcast du quotidien arabophone El Khabar, Ahmed Tessa, auteur de L’Impossible éradication. L’enseignement du français en Algérie, a estimé qu’il s’agit d’une décision idéologique et non pédagogique, pointant, notamment, le manque de formation des nouveaux enseignants d’anglais. 
Selon cet ancien conseiller au ministère de l’Éducation, le français a joué un rôle dans la construction de l’État après 1962, et diminuer l’accès des Algériens à cette langue isolerait le pays du Maghreb et de l’Afrique francophone et romprait le lien avec les enfants de la diaspora.

« Le français demeure une langue majeure »

Les déclarations de ce spécialiste des questions pédagogiques ont provoqué la réaction d’un ancien ministre, el-Hachemi Djaâboub, issu du parti islamiste Mouvement pour la société de la paix (MSP), proche des Frères musulmans, qui a défendu l’idée de « supprimer définitivement l’enseignement du français« , ce qui relèverait d’une « décision souveraine inscrite dans l’achèvement du recouvrement de la souveraineté nationale ».

Des partis islamistes et conservateurs ont également nourri la polémique. Ennahdha voudrait que l’apprentissage du français soit repoussé au secondaire, au même rang que l’allemand, l’italien ou l’espagnol. Le Front de l’Algérie nouvelle juge que l’apprentissage du français par les enfants algériens profite essentiellement à la France…

À l’opposé, le Parti des travailleurs (PT), trotskiste, a demandé le report des réformes, exigeant un débat national sous l’égide du président de la République et plaidant pour une « complémentarité entre arabe, tamazight, français et anglais ».

Le français est l’une des langues les plus importantes et institutionnellement présentes en Algérie. Il ne saurait être considéré comme une langue à abolir ou à négliger

Abderrezak Dourari, linguiste

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), laïque, a publié un long communiqué arguant que « le français demeure une langue majeure de la science, de la médecine, de l’ingénierie, de la recherche, de la diplomatie et de la culture ». 

« Affaiblir son enseignement, c’est réduire les capacités des jeunes Algériens à accéder au savoir, à poursuivre des études de haut niveau et à s’insérer dans un monde où le plurilinguisme est devenu une compétence essentielle », poursuit le texte, qui conclut que « ce choix est d’autant plus incompréhensible que l’Algérie continue elle-même à enseigner de nombreuses filières universitaires en français. On organise ainsi l’échec des étudiants avant même leur entrée à l’université. »

Une tribune déchaîne les passions à Alger

Le 12 août, un collectif de citoyens, universitaires, enseignants, chercheurs, écrivains, artistes, acteurs économiques et membres de la diaspora a publié dans Le Monde  une tribune exprimant sa préoccupation face au recul du français dans l’espace public algérien, au-delà de l’école : enseignes, panneaux, communications institutionnelles, usages administratifs.

Les signataires plaident pour la complémentarité entre arabe, tamazight, français et anglais, refusent que l’intégration de la langue anglaise passe par un recul organisé du français et réclament une meilleure formation des enseignants. Ils dénoncent des choix guidés par l’idéologie plutôt que par une stratégie linguistique cohérente.

Cette tribune a déchaîné les passions à Alger. Le quotidien La Nouvelle République a écrit, le 16 août, que cette tribune défendait moins une langue qu’une position sociale et une rente symbolique : écoles privées francophones, études et diplômes français, installation en France font du français un passeport plus qu’un atout intellectuel, selon le journal. Le quotidien conservateur Echourrouk, pour sa part, réveille la vieille rhétorique de « Hizb França », le « parti de la France » en Algérie, sorte de cinquième colonne francophile…

« Le français est pourtant l’une des langues les plus importantes et institutionnellement présentes en Algérie . Il ne saurait être considéré comme une langue à abolir ou à négliger, non seulement parce qu’il s’agit d’une langue, mais aussi parce qu’il fait partie d’un patrimoine sociolinguistique et culturel incontournable », estime le linguiste Abderrezak Dourari dans une interview à un média algérien, qui considère que « l’anglais est l’une des langues les plus importantes au monde, mais le problème (…) est la manière dont il est intégré au système éducatif selon un cadre (…) exempt d’idéologie. Ce que nous observons aujourd’hui reflète l’idéologie sous sa forme la plus pernicieuse. » Même la très conservatrice Association des oulémas (érudits) algériens a nuancé le débat, décrétant qu’il fallait « sortir la réforme de l’école de la guerre idéologique ».

source  Juvénal de Lyon

à août 28, 2026
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1 commentaire:

  1. trublion28 août 2026 à 06:15

    ce faisant ils montrent qui ils sont vraiment, de pauvres types revanchards !
    Quand je pense qu'une certaine Belkacem voulait obliger nos enfants à parler l' arabe !
    bonne journée,
    Amitié

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