La DJ Barbara Butch, figure de la scène LGBT et de confession juive, a vu son concert interrompu samedi à Grenoble par des militants de La France Insoumise et des activistes propalestiniens. L’élu insoumis Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a déclaré vendredi sur TF1 qu’il n’aurait « pas accueilli » l’artiste en raison de ses prises de position.

Le concert de Barbara Butch à Grenoble a été stoppé au bout d’une vingtaine de minutes. Les militants ont notamment distribué des tracts la représentant avec du sang devant un drapeau aux couleurs LGBT surmonté d’une étoile de David. Des projectiles ont été jetés, obligeant l’artiste à quitter la scène.
Elle a décrit une scène de « violence inouïe » et a annoncé jeudi le dépôt d’une plainte, notamment contre La France Insoumise, pour provocation à la haine et à la violence. L’interruption fait suite au soutien apporté par Barbara Butch en avril à la loi Yadan, visant à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme. L’artiste a depuis regretté cette prise de position. Les militants lui reprochent également une prestation effectuée en juin 2025 à l’ambassade de France à Tel-Aviv.
Les déclarations du maire de Saint-Denis
Invité de TF1, Bally Bagayoko, devenu une figure montante de La France Insoumise depuis son élection en mars, a assumé une ligne ferme. « C’est une position qu’elle a prise sur une situation particulière, notamment avec un génocide qui est en cours. Nous ne pouvons pas invisibiliser cette situation », a-t-il déclaré, estimant que « l’artiste s’est distinguée par ses positions ».
Concernant l’accueil de la DJ, il a été catégorique : « Je ne l’aurais pas accueillie ». Il a cependant affirmé que La France Insoumise « a toujours été très clair sur la lutte antisémite ».
« Une action isolée »
Le maire a qualifié l’action de Grenoble d’« action isolée » et a indiqué que le parti n’avait « pas de part de responsabilités ». Il s’est dit « en profond désaccord » avec les jets de projectiles. Bally Bagayoko a rappelé que La France Insoumise avait défendu Barbara Butch lors des critiques dont elle avait fait l’objet après sa participation remarquée à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, où elle occupait une place centrale dans une séquence moquant la Cène chrétienne.
Interrogé sur la plainte déposée par l’artiste, le maire a estimé qu’elle avait « raison de le faire » et s’en est remis à la justice : « Le droit dira les choses ». Il a par ailleurs écarté toute qualification antisémite à l’encontre de son parti : « S’il y avait des actes antisémitisme qui pouvaient être imputés à La France Insoumise, le droit l’aurait exprimé, les juges l’auraient condamné ».
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