Le pire est à venir avec la mise en place effective du Pacte migratoire européen qui va organiser la répartition des migrants dans nos campagnes les plus reculées.
D’ailleurs, la Cour des comptes vient d’encourager le gouvernement à dynamiser sa politique de dissémination des migrants en province pour désengorger la région parisienne. Elle pointe la Nouvelle-Aquitaine qui serait « très en deçà » de ses objectifs s’absorption de migrants !
Ce Pacte migratoire européen appelle plusieurs questions :
- Les habitants de la ruralité ont-ils été consultés ? Sont-ils prêts à voir advenir chez eux les conséquences désastreuses de l’immigration massive observées en Ile-de-France ?
- Comment va t-on occuper au travail tous ces gens sachant que les emplois sont largement concentrés dans les métropoles ? Mais au fait, ces gens viennent-ils pour travailler ?
- Les migrants vont-ils accepter de rejoindre des régions déshérités, des régions où les services publics disparaissent, des régions où sévit la désertification médicale ?
- Que vont-ils devenir sans la proximité d’une CAF ?
Voici un article de Boulevard Voltaire qui pose d’autres questions :
Pacte migratoire européen :
la grande redistribution des migrants
Présenté comme une réponse à la crise migratoire, le Pacte européen entre en vigueur sous tension.
Après deux années de préparation, le Pacte européen sur la migration et l’asile est entré officiellement en application ce 12 juin. Adopté en mai 2024, cet ensemble de neuf règlements et d’une directive vise à harmoniser la politique migratoire de l’Union européenne.
Sa mesure phare repose sur un mécanisme de « solidarité obligatoire ». Chaque année, les États membres devront participer à l’effort collectif soit en accueillant une partie des demandeurs d’asile arrivés dans les pays de première entrée (3.000 pour la France, la première année), soit en apportant une contribution financière. L’objectif affiché est de soulager les pays méditerranéens, notamment l’Italie, la Grèce ou l’Espagne.
La solidarité obligatoire, pierre angulaire du système
Pour Bruxelles, cette réforme doit permettre une meilleure répartition de la charge migratoire. Les pays refusant d’accueillir des demandeurs d’asile pourront s’acquitter d’une compensation financière estimée à environ 20.000 euros par migrant refusé.
Une philosophie rejetée par Fabrice Leggeri, député RN au Parlement européen et ancien directeur de Frontex interrogé par BV. « Nous estimons que ça attaque totalement la souveraineté nationale. C’est à chaque État de décider s’il a envie ou non de traiter des demandes d’asile », explique-t-il.
Pour ses opposants, le Pacte ne cherche pas à réduire l’immigration mais à mieux la répartir sur le continent. Comme le résume l’eurodéputé, « quand les Européens réclament des frontières protégées, la Commission européenne organise la répartition des migrants jusque dans nos villages et nos campagnes ».
Plusieurs États préfèrent payer plutôt qu’accueillir
La Hongrie a annoncé son refus catégorique du mécanisme. La Pologne, la Slovaquie et plusieurs pays d’Europe centrale ont également exprimé leur hostilité au système de relocalisation. Certains gouvernements préfèrent assumer une contribution financière plutôt que d’accepter de nouveaux migrants sur leur territoire.
Cette opposition met en lumière l’une des principales fragilités du Pacte : son efficacité dépend largement de la volonté politique des États. Sans adhésion réelle des gouvernements nationaux, la solidarité européenne risque de demeurer théorique.
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Fabrice Leggeri dénonce, également, le mécanisme financier prévu par le texte. « Ils appellent ça solidarité. En fait, c’est une pénalité », juge-t-il, à propos des 20.000 euros réclamés pour chaque migrant refusé.
Une France loin d’être prête
La situation française illustre les difficultés de mise en œuvre. Dans une circulaire adressée aux préfets le 10 juin, le ministère de l’Intérieur reconnaît que l’entrée en vigueur du Pacte bouleverse profondément le droit applicable. Le texte précise même qu’à compter du 12 juin, le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), principal texte régissant l’immigration en France, ne pourra plus être considéré comme une référence fiable dans plusieurs domaines, faute de mise en conformité législative complète.
« On estime que 40 % du CESEDA est affecté par les nouvelles normes qui vont entrer en vigueur et, pour autant, il y a plein de choses qui ne sont pas prêtes », observe, auprès de BV, Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.
L’ancien directeur de Frontex pointe lui aussi les contradictions du gouvernement : « Les macronistes ont présenté ça comme la solution à tous les maux. Mais ils n’ont pas préparé en droit national ce qu’il fallait. »
Parmi les principales nouveautés figure la mise en place d’une procédure d’asile à la frontière, incluant un filtrage sanitaire et sécuritaire des migrants avant l’examen de leur demande. Mais là encore, des zones d’ombre subsistent. Nicolas Pouvreau-Monti évoque « un risque de brèche juridique » concernant le maintien des migrants dans les zones d’attente, la France n’ayant pas encore adapté certaines dispositions nécessaires à l’application du Pacte.
Le règlement « Retour », déjà un changement de logique
Reste une interrogation majeure : celle des expulsions. Car si le Pacte organise l’accueil et la répartition des demandeurs d’asile, son efficacité dépendra largement de la capacité des États à éloigner les déboutés.
C’est tout l’enjeu du règlement « Retour », adopté par le Parlement européen en avril dernier et qui doit encore être définitivement validé. Pour Nicolas Pouvreau-Monti, ce texte constitue même un aveu des limites du Pacte : « Le règlement « Retour » est le signe que le Pacte sur la migration et l’asile est déjà dépassé avant même d’être appliqué. » Selon lui, « le Pacte sur la migration et l’asile a pour ambition de répartir les migrants, alors que le règlement « Retour » cherche plutôt à en faire repartir un certain nombre ».
L’Europe promet désormais un système complet : répartir les migrants, accélérer l’asile et expulser les déboutés. Mais au moment où le Pacte entre en vigueur, plusieurs États contestent déjà ses principes, tandis que la France peine encore à adapter son propre droit. Derrière la promesse d’une meilleure maîtrise des flux migratoires, le débat reste entier : l’Union européenne reprend-elle réellement le contrôle de ses frontières ou organise-t-elle simplement une nouvelle répartition des migrants sur son territoire ?
Yann Montero pour Boulevard Voltaire.



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