Billet N°6531du samedi 13 aout 2022..
Ces Français communiste ou pas qui soutenaient le FLN
La guerre d’indépendance algérienne, guerre aux multiples mémoires, a laissé des traces douloureuses dans l’esprit de millions d’Algériens et de Français. Souvenirs des morts, des violences et des crimes de la France. Dans les familles, les partis et autres organisations, dans les communautés religieuses, ils existent toujours .
Le 5 septembre 1960 s’ouvrit devant le tribunal militaire de Paris le procès du réseau Jeanson. Dans le box, vingt-cinq accusés, dont neuf Algériens et dix-huit Français de métropole. Sous la qualification d’atteinte à la sûreté de l’État, la justice leur reprochait d’avoir transporté des fonds, tenus des comptabilités, rédigées des rapports, diffusés des journaux et des tracts… Au service du FLN. Ils ne venaient pas vraiment de « milieux français très divers », comme l’écrivait Germaine Tillion, mais plutôt des franges intellectuelles de la société métropolitaine : la plupart d’entre eux étaient, professeurs ou comédiens, les autres céramiste, ouvrière, étudiante en médecine et infirmière.
Le fondateur du réseau, Francis Jeanson, était philosophe. Ancien résistant – tardif, en 1943 seulement – il fut de l’avant-garde intellectuelle après-guerre. Responsable de la revue sartrienne Les Temps, modernes, il collaborait aussi à Esprit et dirigeait une collection au Seuil. Francis Jeanson et sa femme, Colette, avaient par ailleurs vécu quelques mois en Algérie, où leurs contacts avec les milieux politiques locaux, dont Ferhat Abbas, passé de l’assimilationnisme à l’indépendantisme, les avaient sensibilisés aux aspirations algériennes. Un an après le déclenchement de l’insurrection, Francis et Colette, qui connaissaient des militants du FLN en France, avait affirmé la nécessité de soutenir cette organisation et non le MNA, son concurrent. Leur ouvrage, L’Algérie hors la loi, avait fait polémique… Même des prêtres Français relevant leurs soutanes aux côtés des nationalistes algériens.
Comme l’ensemble de la société française, les Églises chrétiennes sont divisées par la guerre d’Algérie. Certains prêtres, issus de la Mission de France, vont faire le choix, à rebours de l’épiscopat français, de soutenir l’indépendance et de s’impliquer aux côtés des militants du FLN. Au nom de leur conscience.
Les indépendantistes algériens ont pu compter sur l’engagement de centaines de Français en collaboration avec eux les égorgeurs. Rejetés en France, ils n’ont pas non plus trouvé de place dans le récit national algérien. Comme Maurice Audin, mathématicien âgé de 25 ans, symbolise ces quelques centaines de Français qui ont choisi d’épouser la cause de l’indépendance algérienne , ne sachant pas que 50 ans plus tard, ce sera au tour de la France et nous y sommes aujourd'hui. Comme le réseau Jeanson, soutien du Front de libération nationale (FLN) en métropole en fournissant des fonds et des faux papiers aux militants. D’autres iront plus loin en rejoignant le maquis, y tombant, les armes à la main, comme Henri Maillot ou Maurice Laban. Dont beaucoup d'artistes en leur faveur pour le transport de valises pour avoir accès à des armes.
Contrairement à une idée reçue, ces Français pro-FLN ne sont pas tous communistes , mais y participent. « Cette idée a été portée par les opposants à l’indépendance algérienne pour discréditer le mouvement de libération et le faire passer pour un complot guidé par Moscou », corrige Rachid Khettab, historien algérien qui a répertorié ces Européens pro-Algérie indépendants. Comme Pierre Colonna, alors étudiant en médecine à l’Université d’Alger, que ses pairs algériens sensibiliseront à leur cause. « On discutait avec eux et on a fait de petites choses », témoignera-t-il en 2020 dans L’Église et les chrétiens dans l’Algérie indépendante. Mais en cas d’arrestation, leur origine ne les prémunit pas. Fernand Iveton, membre du FLN arrêté après avoir posé une bombe, qui sera désamorcée par des militaires avant d’exploser, sera condamné et guillotiné en 1957 comme traître a la France.
L'opinion Française bousculée par l'Algérie Française.
L’engagement de Français en faveur de l’Algérie indépendante va avoir un impact majeur en métropole sur l’opinion. André Mandouze, professeur à l’Université d’Alger, engagé auprès du FLN, organise à Paris le « Comité d’action contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord » en 1955. Ce mouvement se diffuse et touche « le reste des intellectuels des autres familles de pensée à travers les revues Témoignage chrétien ou Esprit », explique l’historien Rachid Khettab. En 1960, des intellectuels (dont les collabos Beauvoir et Sartre) signent et publient le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », qui aura un grand retentissement. Partie des rangs de la gauche, la contestation de la guerre gagne l’ensemble de la population, à mesure que le nombre de soldats conscrits explose. En septembre 1957, selon un sondage, seuls plus de 95 % des Français de métropole considèrent l’indépendance algérienne comme justifiée. Cinq ans plus tard, le 8 avril 1962, par référendum, 92 % des métropolitains, approuvent les accords d’Évian ouvrant la voie à l’indépendance. Alors aujourd'hui, il ne faudra pas se plaindre que la France prend le même chemin de sa fille , un pays de superficie de 5 fois la France avec toutes ses ressources clés en main .
La France a les politiciens qu'elle mérite malheureusement. Soucieuse de montrer sa "grandeur d'âme" au reste du Monde et à sa population d'origine arabe, elle ne cesse de demander pardon au FLN et aux porteurs de valises des terroristes. Mais nous ne verrons jamais ces mêmes politiciens demander pardon aux Pieds-noirs et aux Harkis, trompés, puis abandonnés aux égorgeurs du FLN. Comme par la suite , les Pieds rouges communistes y croyait aussi à l'aventure , c'est l'aventure qui a si peu duré (3 ans ) Croyant plus malin que les Pieds Noirs , parti en perte et fracas en 1965 prenant la poudre d'escampette la queue entre les jambes.
Pieds Noirs 9A..


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