lundi 20 avril 2026

Léon XIV : encore un pape de gauche…

Je l’ai dit. Je suis agnostique.

Ce qui signifie que je ne sais si Dieu existe ou s’il n’existe pas, mais j’ai le plus profond respect pour le judaïsme, et je sais ce que toute l’humanité civilisée lui doit.

Quand j’en parle, je cite en général le grand historien anglais Paul Johnson qui a écrit dans son Histoire des Juifs : « C’est à eux [et donc au judaïsme] qu’on doit l’idée de l’égalité devant la loi, tant divine qu’humaine ; l’idée du caractère sacré de la vie et de dignité de la personne humaine ; l’idée de conscience individuelle et donc de rédemption personnelle ; l’idée de conscience collective et donc de responsabilité sociale ; l’idée de la paix comme idéal abstrait et de l’amour comme fondement de la justice, et bien d’autres éléments qui constituent le mobilier moral de base de l’esprit humain ». Tous ces éléments sont inhérents a la Thora, la Loi, et le judaïsme dit que Dieu a choisi les Juifs pour être porteurs du respect de toutes les valeurs inhérentes à la Loi, et c’est parce qu’ils ont un irrespect total pour tout ce qui est inscrit dans la Loi que les antisémites sont imprégnés de haine des Juifs : leur haine est une haine de la Loi, et ce n’est pas un hasard des lors si tous les antisémites sont vecteurs de dépravation morale et intellectuelle et irrespectueux des valeurs éthiques les plus élémentaires.

J’ai le plus grand respect aussi pour le Christianisme qui, quand bien même il a pu être vecteur d’antisémitisme dans son passé, a disséminé sur la planète les valeurs éthiques issues du judaïsme et sont aussi désormais les valeurs chrétiennes.

C’est pour cette raison que j’ai été très inquiet de voir l’arrivée en position de pape de François, qui a été un pape de gauche, et a parfois frôlé le marxisme en se montrant proche de la théologie de la libération, en ignorant le danger inhérent à l’islam, en s’étant montré résolument « pro-palestinien », et en semblant être aveugle à la dimension terroriste du palestinisme.

J’aurais espéré que le successeur de François serait différent et j’ai accordé à Léon XIV le bénéfice du doute. Cela m’est désormais impossible, et je crains que ce pape soit pire que son prédécesseur. Son hostilité explicite à Donald Trump est, à mes yeux, extérieure à son rôle de guide spirituel et de gardien des valeurs de l’Église et ses propos sur la guerre sont en contradiction profonde avec la notion de juste guerre (bellum iustum) présente chez Thomas d’Aquin mais aussi chez Augustin, qui est censé servir de référence à Léon XIV. La notion de juste guerre dit que la guerre n’est acceptable qu’en dernier recours, autorisée par une autorité légitime, pour une cause juste et avec une intention droite. Donald Trump et Binyamin Netanyahou sont vecteurs d’une autorité légitime, défendent une cause juste et ont une intention droite. Le régime iranien est un régime terroriste, antisémite, aux buts génocidaires, qui se rapprochait dangereusement de l’arme atomique. La cause est incontestablement juste. Le but de la guerre est de le mettre hors d’état de nuire, de créer les conditions d’une paix régionale, impossible tant que ce régime existera, d’éloigner Israël d’un péril mortel, et de pouvoir envisager de libérer le peuple iranien, qui a subi des massacres. Le Hezbollah est lui-même une organisation terroriste à but génocidaire et a détruit le Liban, et en libérer le Liban serait très positif.

Léon XIV a demandé à ceux qui l’écoutaient de « proclamer clairement que Dieu ne bénit aucun conflit ; crier au monde que quiconque est disciple du Christ, le Prince de la Paix, ne se range jamais du côté de ceux qui, hier, brandissaient l’épée et, aujourd’hui, larguent des bombes. »

Il a déclaré un peu plus tard : « Tel est notre Dieu : Jésus, Roi de la Paix, qui rejette la guerre, et que nul ne peut instrumentaliser pour justifier la guerre… Il n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre, mais les rejette en disant : Même si vous multipliez les prières, je n’écouterai pas : vos mains sont pleines de sang. »

Si Trump et Netanyahou n’avaient pas « brandi l’épée » et largué des bombes, le régime iranien aurait pu finir ses actions d’enfouissement de ses activités nucléaires et se doter de l’arme atomique. Trump et Netanyahou ont effectivement versé le sang, mais essentiellement celui de criminels. Fallait-il préserver les criminels et ainsi leur permettre de tuer davantage ? Vraiment ? Léon XIV a-t-il condamné les massacres perpétrés par le régime iranien en janvier avec la même vigueur ? Non. Il s’est juste « lamenté » concernant les « violences » en Iran et n’a condamné personne. Il n’a pas dit que les mains des mollahs étaient pleines de sang.

Donald Trump a réagi en disant que Léon XIV était « faible face au crime » et « désastreux en matière de politique étrangère », c’est exact. Il a ajouté que Léon XIV trouvait « acceptable que l’Iran possède l’arme nucléaire » et dit : « Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu ». Je le dis : la position de Léon XIV équivaut à entériner l’accès du régime iranien à l’arme nucléaire puisqu’il condamne une action visant à ce que le régime iranien n’ait pas l’arme nucléaire. Ce n’est pas le rôle du pape de critiquer les actions d’un président des États-Unis qui fait effectivement ce pourquoi il a été démocratiquement élu, et qui relève de la guerre juste. Cela peut se justifier chez un militant gauchiste du parti démocrate, pas chez un pape.

J.D. Vance, qui est catholique, a ajouté : « Je pense que, dans certains cas, il serait préférable que le Vatican s’en tienne aux questions de morale, se concentre sur ce qui se passe au sein de l’Église catholique, et laisse le président des États-Unis s’occuper de définir les politiques publiques ». Il a souligné, à très juste titre : « Lorsque le pape affirme que Dieu ne se range jamais du côté de ceux qui brandissent l’épée, il fait fi d’une tradition vieille de plus de mille ans : celle de la théorie de la guerre juste… Comment peut-on prétendre que Dieu n’est jamais du côté de ceux qui brandissent l’épée ? »

Bien sûr, toute la gauche du monde occidental a fustigé Donald Trump, pas Léon XIV, alors qu’elle n’en a en général rien à faire des questions de religion, et elle a montré ainsi qu’elle aussi, elle aurait préféré que Trump et Netanyahou ne s’en prennent pas au régime iranien et le laissent accéder à l’arme atomique et avancer vers ses projets génocidaires. C’est là toute l’hypocrite ignominie de la gauche.

La gauche déplore les massacres, elle peut se « lamenter » à leur sujet, comme Léon XIV, mais elle condamne quasiment toujours ceux qui éliminent les massacreurs, surtout quand ceux-ci sont musulmans.

Le passage de Léon XIV par l’Algérie voici peu, je dois l’ajouter, a été indigne : Léon XIV s’est rendu au Maqam Echahid, le monument aux martyrs érigé pour rendre hommage aux terroristes qui ont mené la guerre d’Algérie contre la France, massacré des Juifs et des Chrétiens, souvent de manière atroce, et procédé à une épuration ethnique contre les pieds noirs juifs et chrétiens (sans compter les nombreux massacres d’Algériens musulmans qui avaient choisi la France). Comment un pape peut-il faire cela ! Et il a déclaré devant le monument que le futur appartient aux hommes et aux femmes de paix ! Faire cela lors d’un hommage aux terroristes algériens a été nauséabond. Léon XIV n’a pas dit un seul mot sur la persécution des Algériens qui ont choisi le christianisme, et il n’a pas même demandé à se rendre sur les lieux du monastère de Tibhirine où sept moines trappistes ont été enlevés et décapités.

Léon XIV avait dit plus tôt : « l’islam est une religion de paix dont nous devons apprendre ». Religion de paix ? Qu’a-t-on à apprendre de l’islam ? Léon XIV a dit vouloir construire des ponts entre le christianisme et l’islam : pur l’islam, les Chrétiens sont des mécréants à soumettre et, si possible, à éliminer. Léon XIV a pris comme exemple de coexistence entre Chrétiens et Musulmans le Liban. Les Chrétiens libanais sont vaincus, opprimés, soumis et l’islam chiite incarné par le Hezbollah y règne en maître depuis des décennies. C’est un exemple à suivre ? Léon XIV se conduit en dhimmi. Un pape doit-il se conduire en dhimmi ? Selon moi, la réponse est non.

On comprend mieux lorsqu’on lit les messages qu’un certain Robert Prevost a placés sur X (anciennement Twitter) pendant des années. Ce sont très largement des messages situables très à gauche. Robert Prevost les a effacés quand il est devenu Léon XIV, mais internet garde en mémoire les messages effacés, et des commentateurs américains les ont retrouvés.

On est très loin du pontificat de Benoit XVI et de celui de Jean-Paul II. L’Église catholique est-elle en voie de suicide et veut-elle détruire tout son héritage ? Trouvera-t-elle en elle la force de se relever et de choisir à nouveau dans les années à venir un pape digne de ce nom. Parce que mes valeurs éthiques sont juives et chrétiennes, je dois l’espérer. Je n’en suis, hélas, pas certain.

Les catholiques américains votent très majoritairement républicain. Je serais tenté de penser que derrière Léon XIV, il y a un Robert Prevost qui souhaiterait détourner une partie de l’électorat républicain en direction des démocrates. Ce ne serait pas très catholique.

© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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