mercredi 18 mars 2026

Nathalie Saint-Cricq disciple de Staline ...

Joseph Staline aurait dit : « Traitez vos adversaires de fascistes, pendant qu’ils se justifieront, vous pourrez leur porter de nouveaux coups. »

72 ans après sa port, il semble bien que l’adage communiste ait fait florès parmi le personnel politique français et avec un certain succès.

Il arrive parfois que la vérité se glisse dans un interstice technique, dans ce moment suspendu où l’on croit ne plus être entendu. C’est précisément ce qui est arrivé à Nathalie Saint-Cricq, surprise par son propre micro alors qu’elle murmurait un cinglant « alias Benito » à propos de Éric Ciotti, en pleine séquence consacrée aux municipales niçoises. En une formule à peine soufflée, mais parfaitement intelligible, la comparaison était posée : celle, vertigineuse et grotesque à la fois, avec Benito Mussolini.

Certes, elle a présenté des excuses. Mais il est permis d’imaginer que cette repentance ne soit que de pure circonstance et destinée à éteindre l’incendie qui menaçait de s’étendre.

Une sanction fut d’ailleurs assez vite prononcée, à son encontre, par l’autorité suprême du sévice public de l’audiovisuel, la très controversée Delphine Ernotte qui termine, en dépit de sa gestion catastrophique de la radio télévision Française un 3e mandat… Excusez du peu !

Est-on autorisé à considérer que la sanction d’une semaine de suspension d’antenne avec maintien du salaire ne soit pas la juste réponse à la faute commise ?

Ce n’est pas tant l’excès qui surprend — il est devenu banal dans un espace public saturé d’anathèmes — que son origine. Car la remarque n’émane pas d’un polémiste de plateaux en quête d’audience, mais d’une figure installée, d’une prêtresse du commentaire politique qui, à longueur d’antenne, rappelle les vertus cardinales du débat démocratique. Sobriété, mesure, responsabilité : autant d’exigences qu’elle brandit volontiers, comme un catéchisme républicain adressé aux autres.

Or, dans cet instant d’abandon, c’est tout autre chose qui affleure. Un réflexe, presque conditionné, qui réduit l’adversaire idéologique à une figure honnie de l’histoire. Non pas une analyse, mais une étiquette. Non pas une mise en perspective, mais un raccourci. Ce que l’on condamne chez certains devient, chez soi, une simple pensée fugace. Il y a là moins une contradiction qu’un révélateur : celui d’un double standard profondément ancré.

Il faut dire que Nathalie Saint-Cricq évolue dans un univers où la certitude d’avoir raison tient parfois lieu de méthode. Sa parole, souvent empreinte d’une ironie sèche et d’une distance assumée, s’inscrit dans une tradition où le journaliste ne se contente plus de rapporter, mais juge, hiérarchise, distribue les brevets de respectabilité. Le ton n’est pas forcément poli, la forme n’est guère maîtrisée, et le fond, lui, tranche sans appel.

À cette posture s’ajoute une réalité plus structurelle, rarement évoquée sans gêne : celle d’un entre-soi remarquablement stable. Épouse de Patrice Duhamel, belle-sœur de Alain Duhamel, mère de Benjamin Duhamel, Nathalie Saint-Cricq s’inscrit dans une constellation familiale où l’information circule presque en vase clos. Une dynastie discrète mais bien réelle, solidement ancrée dans les arcanes de l’audiovisuel public.

Dans cet écosystème feutré, les carrières semblent suivre des trajectoires d’une remarquable continuité profondément linéaire. Peu de ruptures, peu de risques, peu de remises en cause brutales. Le service public, financé par tous, apparaît ici comme un havre pour quelques-uns : un lieu où l’on s’installe, où l’on dure, où l’on commente un monde dont on finit parfois par s’éloigner… Dans le confort et l’opulence.

Dès lors, le « alias Benito » prend une dimension presque symbolique. Il n’est plus seulement une imprudence, mais l’expression d’un imaginaire politique figé, où certains acteurs sont assignés à des rôles définitifs. Une grille de lecture simplificatrice, qui dispense de l’effort d’analyse et autorise, dans l’intimité supposée d’un micro fermé, des jugements que l’on maquille ensuite sous les habits de la rigueur journalistique.

Le plus frappant, peut-être, n’est pas la phrase elle-même, mais ce qu’elle révèle d’un rapport à la parole. Une parole publique soigneusement calibrée, policée, conforme aux attentes d’un certain milieu ; et, en contrepoint, une parole relâchée, spontanée, où se disent sans filtre les convictions profondes. Entre les deux, un écart. Et dans cet écart, une fragilité.

Car à force de s’ériger en arbitre du bon et du mauvais discours, on finit par être jugé à l’aune de ses propres exigences. Et lorsque le masque glisse, même brièvement, il ne reste plus que ce que l’on pensait pouvoir dissimuler : une opinion brute, sans nuance, sans précaution, exactement ce que l’on reproche aux autres.

En définitive, cet incident n’est ni anecdotique ni accidentel. Il est le symptôme d’un déséquilibre plus profond, d’une parole qui se croit légitime au point d’oublier qu’elle devrait d’abord être exemplaire et neutre alors qu’elle marque, au contraire un irrespect total des opinions de chacun.

Et il rappelle, avec une ironie cruelle, qu’en matière de leçons de démocratie, le micro — même fermé — finit toujours par avoir le dernier mot.

Jean-Jacques Fifre

1 commentaire:

  1. J' hésite entre saga et mafia !
    au moins peut on parler de népotisme !
    En tout cas, Ciotti n' est pas connu comme pédophile !
    Passe une bonne journée
    Amitié

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