
J’ai attendu quelques jours, espérant une réponse courageuse du président Macron ou de son valet Barrot au président Tebboune et à son Algérie mais, hélas, toujours la même lâcheté, le même silence.
Je vais donc m’autoriser à répondre directement au président Tebboune, comme je l’ai déjà fait le 3 novembre 2025.
Par votre voix et celui de votre gouvernement, l’Algérie exige de l’État français la reconnaissance des crimes coloniaux et des excuses officielles et en rajoute avec les meurtres en préméditation, les tortures généralisées, les crimes imprescriptibles, les crimes d’État mais aussi des conversions forcées, etc. N’en jetez plus, la coupe est pleine.
Et toutes ces accusations afin d’obtenir des indemnisations équitables et justes.
Par la même occasion, pourquoi pas, la récupération des fonds de la caisse de l’État algérien spolié lors de la prise d’Alger en 1830 ?
Le président Tebboune est un humoriste sans le savoir. Se souvient-il que ce fond de caisse, lors de la prise d’Alger, était celui des barbaresques ottomans obtenu par la piraterie en mer et sur toutes les côtes de la Méditerranée ?
Qu’il me soit permis de faire souvenir au président Tebboune que la Kabylie a demandé son indépendance il y a quelques semaines : la leur a-t-il accordée ? Certes pas. Il sait pourtant que le premier qui a pris les armes contre la France était un kabyle, de 1954 jusqu’aux accords d’Évian en mars 1962 : Krim Belkacem.
Se souvient-il que lors de l’invasion du Maghreb par les Arabes au VIIe siècle, de la conversion forcée à la religion musulmane par le massacre de dizaine de milliers de Berbères.
Le Président Tebboune peut-il nous présenter ce que les envahisseurs arabo-musulmans ont fait de ces territoires arides entre la moitié du VIIe siècle et 1830 ? Mis à part quelques murailles pour protéger la Casbah.
Puisqu’il est question des crimes, des massacres, des atrocités, dois-je rappeler au président Tebboune El Halia et ses bébés écrasés contre les murs, Melouza et le massacre de toute une population qui refusait de rejoindre l’ALN, enfants, femmes, vieillards, tous musulmans et même les animaux domestiques, le 5 juillet 1962 à Oran et dans toute l’Algérie, des milliers de crimes et, le plus horrible de tous vos crimes : l’exécution de plus de 60.000 harkis et de toutes leurs familles dès le lendemain de l’indépendance.
Des meurtres, des tortures, des crimes, etc. il se sont produits des deux côtés mais qu’il ne soit pas question d’humanité, l’humanité n’existe pas dans une guerre : où se trouvait l’humanité en 14/18, en 39/45 et dans tous les conflits qui ont éclaté depuis et qui se poursuivent en Afrique et sur toute la planète ?
Indemnisation, désirez-vous ! Parlons-en : toute la fortune de l’Algérie ne suffirait pas pour nous payer ce que nous vous avons offert en 1962.
En matière de santé : Capacité des hôpitaux : 4 000 lits en 1871, 5 000 en 1913, 24 000 en 1953. En 1961 : 10 000 lits dans le secteur privé et 38 000 dans le secteur public, comprenant : 1 hôpital de 2000 lits (Alger), 2 hôpitaux de 1000 lits, 112 hôpitaux polyvalents, 14 établissements spécialisés, 9 cliniques privées et un Institut Pasteur à Alger.
En matière d’agriculture (chiffres de 1950) : 13 000 000 hectares cultivés, dont 75 % appartenant aux musulmans, dont 200 000 hectares irrigués. 5 000 000 d’ovins et 3 000.000 de caprins, dont 90 % sont la propriété des musulmans. 3 000 000 d’ânes, bovins et chevaux. 11 000 000 de quintaux annuels de blé produits, 8 000 000 d’orge, 1 000 000 d’avoine, 450 000 hectares de vignes, 40 000 hectares de cultures maraîchère et fruitière, 20 000 hectares de tabac, 12 000 hectares de betterave, coton, liège et alfa.
Industrie agro-alimentaire : Conserveries de poissons, légumes, brasseries, jus de fruits et distilleries (apéritifs). 1 institut agricole à Maison-Carrée. 5 autres écoles dans le pays.
Communications terrestres : 54 000 km de routes nationales et départementales, 24 000 km de pistes sahariennes. 34 routes nationales. 4 420 km de voies ferrées, et 747 km à voie étroite. 77 locomotives dieso-électriques, 25 autorails, 41 locos-tracteurs pour les gares, 91 locomotives à vapeur (pour voie étroite), 31 motrices électriques. 500 wagons de voyageurs (dont 60 inox pour voie normale et 33 inox pour voie étroite) et 10 000 wagons pour le fret.
Communications maritimes : 23 ports aménagés dont Alger (4 000 000 de tonnes de fret et 450 000 passagers/an), Oran (2 000 000 de tonnes de fret et 250 000 passagers/an), Arzew : port gazier, et Bougie : port pétrolier. Nombreux ports de pêche de Nemours à La Calle.
Communications aériennes : 3 grands aéroports : Alger, Oran et Constantine. L’aéroport d’Alger Maison-Blanche était, en 1959, le deuxième aéroport de France.
De nombreux petits aérodromes, sans compter les bases militaires créées à partir de 1955 comme Boufarik, grosse base d’hélicoptères, ou Aïn Arnat. Une compagnie aérienne, Air Algérie, créée en 1945 (6 Caravelles en 1960). 53 aéro-clubs et 460 avions privés.
Communications téléphoniques, radio/TV, bureaux de poste : 6 câbles sous-marins. 2 câbles souterrains au Sahara. 4 voies radioélectriques, 1 faisceau hertzien et 4 au Sahara. Outre les stations radio existant depuis les années 20, création d’une station TV à Cap-Matifou en 1954 avec des relais dans toute l’Algérie. 15 centraux téléphoniques, 120 000 postes téléphoniques. 818 bureaux de poste (recette principale, annexe ou agence). 600 agences ou annexes postales dans le bled.
Activités minières : Mines de plomb et de zinc, à Sidi-Kamber au nord de Constantine. De marbre à Filfila dans le Constantinois et Le Chenoua dans l’Algérois. Mines de fer à El-Hallia (Constantinois), Zaccar (Algérois), Ouenza au sud de Bône. Mine de houille à Kenadza près de Colomb-Béchar. Mines de phosphate de chaux à Tébessa et Sétif. 3 usines de production chimique à Bône, Maison-Carrée et La Sénia.
Métallurgie : Environ 3 000 établissements, dont beaucoup de petits ateliers. Quelques usines spécialisées telles que l’acier laminé à La Sénia, tréfilerie de cuivre-alu à Alger. Construction de bâtiments à ossature métallique à Constantine (Ets Duplan). Articles ménagers alu à Bône. Emballages de fer blanc et fûts au Gué de Constantine à Alger. Wagons de chemin de fer à Bône. Électrodes de soudure, Air Liquide à Alger. Fabrication de pylônes électriques à Maison-Carrée et Rouïba. Assemblage de camions Berliet à Rouïba. Aciérie à Bône, achevée en 1961.
Bâtiment : 3 cimenteries à Pointe Pescade et Rivet et St Lucien-La Cado. 43 briqueteries-tuileries.
Habitat urbain et rural : dans les années 50, l’office HBM (Habitations à bon marché) construit des logements à Bab-El-Oued, Le Ruisseau, Le Clos Salembier, Diar-es-Saâda et Mahcoul. De grandes cités nouvelles voient le jour à Oran, Constantine, Philippeville, Bône, Sétif, Bougie, Blida, Tlemcen, Mostaganem et Bel-Abbés. À la veille de l’indépendance, le pays possède 274 stades, dont 5 à Oran. Entre 1959 et 1962, il s’est construit 50 à 60 000 logements urbains et 80 à 90 000 ruraux par an destinés aux musulmans.
Énergie : Il y avait 11 compagnies d’électricité en Algérie au début du XXe siècle. L’ensemble a été nationalisé, sous le sigle EGA, en 1947. En 1950, on comptait 25 centrales thermiques, dont 6 grosses installées sur les quais d’Oran, Alger et Bône, 27 barrages hydro-électriques, petits, moyens et gros, certains étaient polyvalents (irrigations des terres et alimentation d’eau des villes et villages). 21 800 km de lignes à haute tension (150 et 60 kVA), 250 000 000 de kWh produits en 1940, 1 000 000 000 en 1961.
Mais le plus beau fleuron de NOTRE Algérie française reste indéniablement la découverte et la mise en valeur des hydrocarbures au Sahara par les ingénieurs de la Société Nationale de Recherche Pétrolière en Algérie (en partenariat avec Total), dans les années 50. En 1959, la production de pétrole était de 1 200 000 tonnes et 9 000 000 en 1962. En 1972, lorsque les compagnies pétrolières françaises quitteront le Sahara, il y a 250 puits de pétrole forés. Elles ont construit le premier pipe-line Hassi-Messaoud-Bougie, trouvé du gaz naturel à Hassi R’mel, construit un gazoduc Hassi R’mel-Arzew, une raffinerie à Hassi-Messaoud puis à Alger, enfin, une usine de liquéfaction de gaz à Arzew…
Pardon pour cette longue et fastidieuse liste mais elle me semblait nécessaire, pour que vous, comme Emmanuel Macron, vous arrêtiez de raconter n’importe quoi sur l’œuvre française en Algérie.
Nous ne sommes pas responsables de ce que les gouvernements successifs de votre pays en ont fait.
Alors, président Tebboune, souhaitez-vous que l’on présente les milliers de milliards que l’Algérie indépendante doit à la colonisation française qui, mais vous le savez, ne vous les réclamera jamais ?
Manuel Gomez
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